Ce village du Finistère possède un phare carré, une bizarrerie architecturale à découvrir au bout du monde cet automne 

Ce village du Finistère possède un phare carré, une bizarrerie architecturale à découvrir au bout du monde cet automne 

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Rédigé par Amélie

1 novembre 2025

Au large de Roscoff, dans le Finistère, se dresse une sentinelle de pierre qui défie les conventions architecturales maritimes. L’île de Batz, terre de marins et d’horticulteurs balayée par les vents, abrite en son cœur un phare à la silhouette aussi massive qu’inattendue. Oubliez les tours élancées et cylindriques qui peuplent l’imaginaire collectif : ici, c’est une imposante structure carrée qui guide les navires depuis près de deux siècles. Cet édifice, véritable curiosité patrimoniale, invite à une découverte automnale, lorsque les lumières rasantes subliment les paysages du bout du monde breton.

Un phare carré unique au monde

Une silhouette qui détonne

Le phare de l’île de Batz se distingue avant tout par sa forme. Contrairement à la quasi-totalité des phares, sa tour n’est pas ronde mais parfaitement carrée. Cette particularité lui confère une allure austère et robuste, un bloc de granit taillé pour résister aux plus fortes tempêtes de la mer d’Iroise. Sa base, tout aussi carrée, est un bâtiment massif qui abritait autrefois les logements des gardiens et les magasins de stockage pour le combustible. Cette conception intégrée fait de l’ensemble un monument monolithique, un véritable château fort veillant sur le chenal qui sépare l’île du continent. L’édifice est une affirmation de puissance et de stabilité, un repère visuel immanquable de jour comme de nuit.

Fonctionnalité et esthétique

Le choix d’une structure carrée n’est pas un simple caprice architectural. Il répondait à des impératifs de construction et de solidité à une époque où les techniques différaient. L’utilisation du granit, extrait directement sur l’île, a permis de bâtir un édifice en parfaite harmonie avec son environnement minéral. Les angles droits et les murs épais offraient une résistance structurelle optimale face aux assauts du vent et de la mer. Aujourd’hui, cette bizarrerie architecturale est devenue sa plus grande force, attirant les amateurs de patrimoine et les photographes en quête de perspectives insolites.

Cette silhouette singulière est le fruit d’une histoire et d’un chantier tout aussi remarquables.

Histoire et construction du phare de l’île de Batz

Un chantier titanesque au XIXe siècle

La construction du phare de l’île de Batz fut une entreprise de longue haleine pour l’époque. Le chantier s’est étalé sur trois années complètes, de 1834 à 1836. Les ouvriers ont utilisé les ressources locales, extrayant et taillant le granit directement sur l’île pour ériger cette tour de 44 mètres de haut. La première mise en lumière a eu lieu le 10 octobre 1836, un événement majeur pour la sécurité de la navigation dans cette zone périlleuse. À ses débuts, sa lanterne fonctionnait grâce à un système à vapeur de pétrole, une technologie de pointe pour l’époque.

Les grandes évolutions techniques

Le phare a connu plusieurs modernisations cruciales au cours de son histoire pour s’adapter aux progrès technologiques et aux besoins croissants du trafic maritime. L’électrification en 1939 a constitué un tournant majeur, améliorant considérablement la puissance et la fiabilité de son signal lumineux. C’est également à cette période que la lanterne a été réhaussée, portant sa source lumineuse à 67 mètres au-dessus du niveau de la mer et sa portée à 20 milles marins, soit environ 37 kilomètres. La dernière modernisation technique d’envergure date de 1962, avec l’installation d’une lampe halogène de 180 watts. Finalement, en 1995, le dernier gardien quitta les lieux, marquant l’automatisation complète du phare.

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Chronologie du phare de l’île de Batz

AnnéeÉvénement
1834-1836Construction de l’édifice en granit de l’île
1836Première mise en service (10 octobre)
1939Électrification et réhaussement de la lanterne
1962Installation d’une lampe halogène
1995Automatisation et départ du dernier gardien
2018Ouverture de l’espace muséographique

Au-delà de son histoire, c’est l’expérience de la visite qui marque aujourd’hui les esprits, à commencer par l’ascension de sa tour.

Visite de l’intérieur : escaliers et terrasse

L’ascension des 198 marches

Gravir le phare de l’île de Batz est une expérience en soi. L’ascension se fait par un escalier en colimaçon de 198 marches qui serpente à l’intérieur de la tour carrée. La montée, bien que physique, offre des perspectives changeantes à travers les quelques fenêtres qui percent les murs épais. Chaque pas est un voyage dans le temps, sur les traces des gardiens qui effectuaient ce trajet plusieurs fois par jour, par tous les temps. L’effort est rapidement oublié une fois arrivé au sommet, dans la chambre de veille qui précède l’accès à l’extérieur.

Un panorama à 360 degrés

Le point culminant de la visite est sans aucun doute le balcon extérieur qui ceinture la lanterne. De là-haut, un panorama époustouflant à 360° s’offre aux visiteurs. Le regard embrasse l’intégralité de l’île de Batz, avec ses parcelles agricoles, ses maisons basses et ses plages de sable fin. Au-delà, la vue s’étend sur la Manche et la côte du Finistère. Par temps clair, on peut distinguer plusieurs points de repère notables :

  • À l’est : l’archipel des Sept-Îles au large de la Côte de Granit Rose.
  • Au sud : la ville de Roscoff et son port en eau profonde.
  • À l’ouest : le phare de l’Île-Vierge, le plus haut d’Europe.

C’est un poste d’observation privilégié pour comprendre la géographie de la région et la vie insulaire, rythmée par les marées et la météo.

Une fois redescendu des hauteurs, la découverte se poursuit au pied même de l’édifice, dans les anciens logements des gardiens.

Une exposition muséographique fascinante

« Batz avec les vents »

Depuis 2018, les anciens logements des gardiens, situés à la base du phare, ont été magnifiquement restaurés pour accueillir un espace muséographique. L’exposition permanente, intitulée « Batz avec les vents », propose une immersion dans la relation intime qui lie l’île et ses habitants à cet élément naturel omniprésent. Le vent n’est pas seulement une contrainte météorologique ; il a façonné les paysages, l’agriculture, l’architecture et même le caractère des insulaires. L’exposition explore ces facettes à travers des panneaux explicatifs, des témoignages sonores et des objets d’époque.

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Un complément à l’histoire maritime

Cette exposition offre un contrepoint culturel et sociologique à la dimension purement technique et maritime du phare. Elle permet de mieux comprendre le contexte dans lequel l’édifice a été construit et a opéré pendant plus d’un siècle et demi. En visitant cet espace, on découvre comment les habitants ont appris à composer avec les vents, à s’en protéger et parfois à en tirer parti. C’est une facette essentielle de l’identité de l’île de Batz, qui rend la visite du phare encore plus riche et complète.

Convaincu par la richesse de ce patrimoine, il convient de planifier sa visite pour profiter pleinement de l’expérience.

Comment se rendre au phare de l’île de Batz

La traversée depuis Roscoff

L’accès à l’île de Batz se fait exclusivement par la mer. Des navettes maritimes assurent la liaison toute l’année depuis le vieux port de Roscoff. La traversée dure environ 15 minutes et offre déjà de superbes vues sur la côte et l’île qui se rapproche. Il est conseillé de consulter les horaires des vedettes, qui varient en fonction des marées et de la saison. Bien qu’il ne soit pas toujours impératif de réserver, cela est fortement recommandé durant les périodes de forte affluence touristique pour garantir sa place à bord.

Informations pratiques pour la visite

Une fois débarqué sur l’île, le phare est facilement accessible à pied. Il se situe au cœur de l’île, à une quinzaine de minutes de marche du port. Le chemin est bien indiqué. Durant la saison automnale, le phare et son musée sont généralement ouverts du mardi au dimanche, mais il est prudent de vérifier les horaires précis avant sa visite, car ils peuvent être sujets à des modifications en fonction des conditions météorologiques. Une visite complète, incluant l’ascension et la découverte de l’exposition, dure en moyenne entre une heure et une heure et demie.

Le phare est sans conteste le point d’orgue de l’île, mais Batz recèle bien d’autres trésors qui méritent que l’on s’y attarde.

Autres sites touristiques à proximité

Le jardin Georges Delaselle

À l’extrémité est de l’île se cache un véritable trésor botanique : le jardin Georges Delaselle. Créé au début du XXe siècle par un assureur parisien passionné, ce jardin exotique profite du microclimat insulaire pour accueillir plus de 2 500 espèces de plantes venues des cinq continents. Une balade dans ses allées est un dépaysement total, entre palmiers, cactus et plantes succulentes, avec la mer en toile de fond. C’est une visite complémentaire idéale après la découverte du phare.

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Les charmes naturels de l’île

L’île de Batz se découvre aussi et surtout en marchant. Un sentier côtier d’environ 12 kilomètres permet d’en faire le tour complet et d’admirer la diversité de ses paysages. Il est impossible de ne pas être séduit par :

  • Les plages de sable blanc, comme la Grève Blanche, qui invitent à la détente.
  • Les criques rocheuses et les chaos granitiques sculptés par l’érosion.
  • Les champs de légumes primeurs, témoignage de la riche tradition agricole de l’île.

Explorer l’île à pied ou à vélo est la meilleure façon de s’imprégner de son atmosphère paisible et de son authenticité préservée.

La visite du phare de l’île de Batz est bien plus qu’une simple excursion touristique. C’est une plongée dans l’histoire maritime du Finistère, une rencontre avec une architecture unique et une occasion de découvrir des paysages côtiers d’une beauté saisissante. Son imposante silhouette carrée, le panorama exceptionnel offert depuis son sommet et la richesse de son espace muséographique en font une destination incontournable pour quiconque souhaite explorer les trésors de la Bretagne authentique, particulièrement sous les douces lumières de l’automne.

Amélie

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